Fabien Boitard

 Landschaft 

Géométrie dans le paysage 

du 21/04/2017 au 10/06/2017


Pensées magiques 2018

Réinventer une perspective en peinture, oser un mode de représentation du monde radicalement nouveau, telle est la raison de peindre de Fabien Boitard. Châssis tronqués, lignes de fuite biaisées, il règne une certaine intranquillité dans les scènes faussement bucoliques de ce maître en inversions rythmiques. « Je vise une intention autre, pourquoi pas une perspective affective », confie-t-il. Ses arrière-plans prennent toujours possession du paysage, comme si le regard, empêché de circuler largo, devait se heurter à cet Ailleurs rapproché. L’oeil est mis à nu, bouscule le plan, interroge la peinture.

Un sentiment trouble émane de ces grandes « vallées » charpentées. On y retrouve toute la magie vibratoire d’un Joachin Sorolla, toute la puissance évocatrice d’un Gerhard Richter. Mais c’est une nature contaminée, un avenir «enfumé» que peint Fabien Boitard, poète du désespoir écologique, expert en accords de tons et pourfendeur des faux-semblants. Composer avec des intentions, affirme Fabien Boitard à propos de ce qu’il nomme les « Pensées magiques », le titre de sa nouvelle exposition à la galerie Derouillon à Paris qui évoque la ferveur comme forme de pensée. Deux ans après « En attendant les choses graves », toujours chez Benjamin Derouillon, la promesse est tenue. C’est dans la gravité et la solennité d’une marche « andante » que l’on arpente ainsi ses « paysages-enveloppes ».

Cinq tableaux-mouvements sortis durant l’été 2018 de son atelier niché à Aniane, au coeur de l’Hérault. Le peintre met ses neiges en sourdine, ses mâts de sourcier en vibration, pour que surgisse l’inattendu. «La surprise fait partie du spectacle», poursuit l’artiste. Car tout est recherche formelle chez ce poseur de lignes, né d’un père dessinateur industriel et d’une mère acquise à l’analyse des rêves. «Le flou est un filtre névrotique comme un autre», explique le brouilleur d’image. Les couleurs sont noyées par un savant sfumato à la térébenthine. Les touches cadencées sont apposées au couteau, elles battent la mesure.

Luit la neige. Entre scintillement et éblouissement.

Alexia Guggémos

Ruissellement 5. huile sur toile. 175X225cm. 2019

Ruissellement 5. huile sur toile. 175X225cm. 2019

Le mat rouge. huile-sur-toile. 106x132. 2015

Le mat rouge. huile-sur-toile. 106x132. 2015

Léda et le Cygne. huile sur toile. 106x132cm. 2017

Léda et le Cygne. huile sur toile. 106x132cm. 2017

La grande battue. huile sur toile 138X190cm. 2014

La grande battue. huile sur toile 138X190cm. 2014